
La science de l’ajustement : pourquoi un bon ajustement des EPI est essentiel pour une protection efficace
Lorsqu'il est question d’équipements de protection individuelle (EPI), le simple fait de les porter ne suffit pas. L’efficacité d’un EPI repose sur un facteur essentiel : son ajustement. Qu’il s’agisse d’un appareil de protection respiratoire, d’une protection auditive, de lunettes de sécurité ou d’un casque de sécurité, un équipement mal ajusté ne peut offrir le niveau de protection pour lequel il a été conçu.
Ce concept est souvent appelé la science de l’ajustement : le principe selon lequel la performance d’un EPI est directement liée à la constance et à la qualité de son port. Même les équipements offrant le plus haut niveau de protection peuvent perdre une grande partie de leur efficacité si les travailleurs les retirent régulièrement, les ajustent fréquemment ou les portent de façon inadéquate en raison de leur inconfort.
La protection n’est efficace que si l’EPI est porté
L’un des concepts les plus importants en santé et sécurité au travail est le temps de port, soit le pourcentage de temps pendant lequel les travailleurs portent réellement leurs EPI requis par rapport au temps durant lequel ils devraient les porter pendant leur exposition au danger.
Ce détail, qui peut sembler anodin, a pourtant un impact majeur sur le niveau de protection obtenu.
De nombreuses normes de sélection des EPI supposent que les travailleurs portent leur équipement de façon continue pendant toute la durée de leur exposition. Par exemple, le facteur de protection assigné (FPA) utilisé pour sélectionner un appareil de protection respiratoire suppose qu’un respirateur correctement ajusté demeure sur le visage du travailleur 100 % du temps pendant l’exposition.
Or, la réalité sur le terrain est souvent bien différente.
Les travailleurs peuvent retirer brièvement leur respirateur pour communiquer, boire de l’eau, essuyer la transpiration ou simplement parce que l’équipement est inconfortable. Bien que ces interruptions ne durent parfois que quelques minutes, elles peuvent réduire considérablement le niveau de protection réellement obtenu.
Cette performance en conditions réelles est appelée facteur de protection effectif (FPE), soit le niveau de protection réellement atteint une fois le temps de port pris en compte.
De courtes interruptions peuvent avoir de grandes conséquences
La relation entre le temps de port et la protection n’est pas linéaire. Une légère diminution du temps de port peut entraîner une perte de protection beaucoup plus importante qu’on pourrait le croire.
Prenons l’exemple d’un demi-masque respiratoire ayant un FPA de 10.
- À 100 % de temps de port, le travailleur bénéficie du facteur de protection complet de 10.
- À 95 % de temps de port, la protection effective chute à environ 7.
- À 80 % de temps de port, elle n’est plus que de 3,6.
Cette tendance s’observe également avec les appareils offrant un niveau de protection supérieur.
Un appareil de protection respiratoire à épuration d’air motorisé (PAPR) ayant un FPA de 1 000 peut voir sa protection effective chuter à seulement 20 lorsque le temps de port est de 95 %, puis à 5 lorsque celui-ci descend à 80 %.
C’est pourquoi les hygiénistes industriels de 3M rappellent que le meilleur respirateur est celui que les travailleurs peuvent porter confortablement pendant toute la durée de leur exposition.
Le confort favorise le port continu
L’ajustement et le confort vont de pair.
Si un EPI provoque des points de pression, une accumulation excessive de chaleur, des maux de tête, une vision réduite ou des difficultés à communiquer, les travailleurs seront beaucoup plus enclins à le retirer ou à le réajuster pendant leur quart de travail.
Cela crée un cercle vicieux :
- Un mauvais ajustement entraîne de l’inconfort.
- L’inconfort réduit le temps de port.
- Une diminution du temps de port réduit le niveau de protection.
En améliorant le confort, on favorise donc le port continu, ce qui contribue directement à améliorer la sécurité des travailleurs.
C’est pourquoi 3M investit dans l’ergonomie, les matériaux légers, les systèmes de suspension ajustables, les joints faciaux souples et l’amélioration de la circulation d’air, reconnaissant que le confort influence directement la volonté des travailleurs de conserver leurs EPI tout au long de leur tâche.
La protection respiratoire commence par un bon ajustement
Les appareils de protection respiratoire reposent sur une étanchéité parfaite entre la pièce faciale et la peau du travailleur.
La moindre fuite permet à l’air contaminé de contourner le filtre.
C’est pourquoi l’essai d’ajustement constitue une étape essentielle de tout programme de protection respiratoire.
Un essai d’ajustement réussi confirme qu’un modèle et une taille de respirateur offrent une étanchéité adéquate pour un travailleur donné. Toutefois, réussir cet essai n’est que la première étape.
Les travailleurs devraient également effectuer un test d’étanchéité chaque fois qu’ils mettent leur respirateur, s’assurer que leur pilosité faciale ne nuit pas au joint d’étanchéité, inspecter régulièrement les composantes et remplacer rapidement toute pièce endommagée.
Offrir plusieurs modèles ou plusieurs tailles permet également d’améliorer l’ajustement pour une main-d’œuvre diversifiée. Puisque chaque visage est différent, une approche universelle ne permet que rarement d’obtenir la meilleure protection.
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La protection auditive dépend aussi d’un bon ajustement
Les protecteurs auditifs ne réduisent efficacement le bruit que s’ils sont correctement insérés ou positionnés.
Par exemple, une protection auditive pouvant réduire le bruit d’environ 30 dB pendant un quart de travail complet perd une grande partie de son efficacité lorsqu’elle est retirée périodiquement.
Si elle est retirée pendant seulement une heure au cours d’un quart de huit heures, la réduction réelle du bruit peut tomber à environ 9 dB.
Si elle est retirée pendant quatre heures, la protection peut chuter jusqu’à 3 dB.
Comme les dommages auditifs sont cumulatifs et irréversibles, même de courtes périodes d’exposition sans protection à des niveaux de bruit dangereux peuvent entraîner une perte auditive permanente.
La conclusion est simple : la constance du port est aussi importante que la cote de performance inscrite sur l’emballage.
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Mettre en place un programme d’EPI plus performant
Vous pouvez améliorer le temps de port et le niveau de protection en faisant de l’ajustement un élément central de votre programme d’EPI.
Voici quelques bonnes pratiques :
- Réaliser une analyse des risques avant de sélectionner les EPI.
- Offrir plusieurs modèles et plusieurs tailles lorsque possible.
- Effectuer les essais d’ajustement requis pour les respirateurs.
- Former les travailleurs sur la bonne façon d’enfiler, d’ajuster, d’inspecter et d’entretenir leurs EPI.
- Encourager les travailleurs à signaler tout problème d’inconfort ou d’ajustement.
- Remplacer rapidement les équipements usés ou endommagés.
- Évaluer périodiquement la performance du programme à partir des commentaires des travailleurs.
Lorsque les employés participent au choix de leurs équipements et comprennent l’importance d’un bon ajustement, ils sont beaucoup plus susceptibles de porter leurs EPI de façon constante, améliorant ainsi leur niveau de protection au quotidien.
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